Analysis & Opinions - Le Monde
Aux pays musulmans de réviser leurs « politiques d’éducation »
Kamel Daoud à Marseille le 27 octobre 2014. BERTRAND LANGLOIS / AFP
Un débat stupéfiant s’est installé en France depuis quelques semaines à propos du cas Kamel Daoud. Un groupe d’universitaires, qui s’est exprimé dans ces colonnes mêmes par une pétition lancée le 12 février 2016, lui a reproché des propos essentialistes sur les musulmans et les rapports entre les hommes et les femmes en partant du cas des agressions commises pendant la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne, affectées trop vite à des réfugiés venant des pays musulmans (Le Monde, 31 janvier 2016). L’auteur de Meursault, contre-enquête (Actes Sud, 2014), acculé à se justifier et à endosser la caractérisation définitive d’islamophobe, a décidé de précipiter sa décision d’arrêter le journalisme pour se consacrer à la littérature.
Kamel Daoud, relayant la tradition du courage de l’intellectuel briseur de tabous et avant-gardiste des société s, a raison de poser le problème du rapport aux femmes et à la sexualité dans les pays arabes. Il ne considère pas, à juste titre , que poser la question de la domination masculine et dénoncer les attitudes agressives à l’égard des femmes spécifiquement dans les pays arabes et/ou musulmans serait faire preuve de racisme ou d’islamophobie.
De leur côté, les signataires de la tribune se trouvent injustement réduits au même niveau que les groupes radicaux qui ont lancé des fatwas contre Daoud, alors qu’ils invoquent la nécessité d’une analyse multifacteurs.
Le faible gain d’émancipation par l’éducation
Pour sortir de ce débat manichéen – les pro contre les anti-Daoud, nous souhaitons proposer une analyse fondée sur les travaux empiriques récents utilisant des bases de données de grandes enquêtes d’opinion menées dans de nombreux pays, dont nous n’ignorons pas également les limites et les précautions qu’il convient de tenir en les utilisant.
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For Academic Citation:
Diwan, Ishac and El Mouhoub Mouhoud.“Aux pays musulmans de réviser leurs « politiques d’éducation ».” Le Monde, March 29, 2016.
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Kamel Daoud, relayant la tradition du courage de l’intellectuel briseur de tabous et avant-gardiste des société s, a raison de poser le problème du rapport aux femmes et à la sexualité dans les pays arabes. Il ne considère pas, à juste titre , que poser la question de la domination masculine et dénoncer les attitudes agressives à l’égard des femmes spécifiquement dans les pays arabes et/ou musulmans serait faire preuve de racisme ou d’islamophobie.
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