Analysis & Opinions - Politique étrangère

Brexit: Four Unanswered Questions

| Dec. 04, 2020

Summary

COVID-19 and the U.S. Presidential election have forced Brexit to take a backseat. As the January 1st, 2021 deadline for an agreement between the E.U. and the U.K. approaches, Brexit has re-emerged and raises four fundamental questions: how can political analysts determine what will happen? How will Joe Biden's victory impact the outcome of Brexit in general and the special relationship between the U.S. and U.K. in particular? How will the U.K. avoid the historical and geographical forces apparently constraining it to accept a future accord with the E.U.? How will the U.K. reconcile Brexit with the fact that the U.K.'s security concerns are inextricably linked to those of the E.U.? (In French)

Grâce au COVID-19 et aux élections américaines, le Brexit a temporairement pâli sur l’écran radar médiatique.

À l’approche de la date fatidique du 1er janvier 2021 (limite pour un éventuel accord entre Union européenne – UE – et Royaume-Uni), il réapparaît de plus belle. Le dossier qui s’ouvre ici pose (au moins) quatre questions fondamentales. 

Comment politistes et analystes peuvent-il essayer de savoir ce qui va se passer ? Réponse – selon Florence Faucher et Colin Hay : ils ne le peuvent pas. Plusieurs Brexit sont concevables ; seuls un ou deux sont probables. Mais nous ne saurons pas lesquels avant que le Brexit « définitif » ne se mette en place. Et celui-ci pourra lui-même évoluer. Comment l’élection de Joe Biden impactera-t-elle le sort du Brexit en général, et l’avenir de la soi-disant special relationship en particulier ? Moins positivement pour le Royaume-Uni, sans doute, que ne l’aurait fait un deuxième mandat Trump. Les perspectives d’un accord commercial États-Unis/Royaume-Uni restent dans les limbes. Biden donnera la priorité aux rapports américano-européens. La capacité du gouvernement Johnson à imposer l’Internal Market Bill semble compromise au vu de l’engagement du nouveau président en faveur du Good Friday Agreement (accord du Vendredi saint).

Comme le suggère Robert Singh : les signes extérieurs des relations entre Londres et Washington demeureront, mais la substance s’érodera rapidement, la présidence Biden accélérant le processus. Comment le Royaume-Uni échappera-t-il aux forces historiques et géographiques qui semblent le contraindre à accepter un accord futur avec l’UE, accord remettant en question les objectifs fondamentaux du Brexit ? Les Brexiters ont cherché refuge dans un modèle canadien, voire un modèle australien. La réalité, comme le suggère Stephen Wall, sera vraisemblablement plus proche du « modèle norvégien » : celui-là même que les partisans du divorce rejetaient comme un BRINO (Brexit in Name Only). Dans la même logique, et s’il est vrai que « l’histoire c’est le destin », comment le Royaume-Uni fera-t-il face à cette donnée : sa sécurité reste indissociable de celle de l’Europe ? Avec Adrien Abécassis, nous analysons ci-après le potentiel de la coopération militaire franco-britannique post-Brexit.

Comment, enfin, le Royaume-Uni traitera-t-il le risque de son éclatement en quatre nations distinctes ? Le COVID a accentué en Écosse le sentiment que Westminster fait partie du problème plutôt que de la solution. Le nationalisme écossais, nous dit Kirsty Hughes, est une dynamique en progrès. Quant à la perspective de la (ré-)unification irlandaise, elle n’est plus inimaginable.

Le Brexit, comme le trumpisme, a sa part de rêve, de déni du réel. Mais l’écrivain américain Philip K. Dick nous rappelle que « la réalité, c’est ce qui continue d’exister, même quand on cesse d’y croire »…

 

  – Via the original publication source.

For more information on this publication: Belfer Communications Office
For Academic Citation: Howorth, Jolyon.“Brexit: Four Unanswered Questions.” Politique étrangère, December 4, 2020.